La socialisation en IEF ? On en parle ?

9 mai 2020 | Instruction en Famille, Témoignages | 5 commentaires

« J’ai hâte de voir Fred ce matin », dit mon fils depuis la banquette arrière de la voiture, alors que nous nous rendons au marché du mardi matin. On pourrait supposer qu’il parle d’un petit garçon, mais la personne qu’il est heureux de revoir aujourd’hui, c’est notre pizzaïolo préféré, Fred.
Fred est quarantenaire et a deux filles de dix-huit et quatorze ans. Il travaille dans son camion, sur les différents marchés autour de chez nous et nous attendons toujours avec impatience son sourire éclatant et sa nature énergique. Fred et Benjamin entament une conversation pendant qu’il prépare les pizzas et puis, juste avant de partir, Fred remet une poignée de sucettes à mon fils souriant.

“Merci!”

« Merci, Ben, d’avoir égayé ma journée », répond Fred.

Certains peuvent penser qu’il est étrange pour un enfant de sept ans de se lier d’amitié avec un adulte, mais pour notre fils, l’amitié n’a pas de restrictions d’âge. Il est très à l’aise et considérera tous ceux qu’il apprécie comme des amis, qu’ils aient deux ou soixante-douze ans.

Cette liberté de socialiser dans le monde réel, avec différents groupes d’âge, est l’une des forces de l’instruction en famille. C’est drôle parce que le manque de socialisation que nos enfants sont censés éprouver est une critique majeure de l’IEF.

Qui n’a pas entendu ces questions :
• Comment va-t-il se faire des amis ?
• Quand socialisera-t-il ?
• Qu’en est-il d’être avec des enfants de son âge ?
• Comment peux-tu rester à la maison tout le temps ?

Se faire des amis en IEF

“Tu veux être mon ami ?” demande Ben, tout en jouant avec des blocs au musée.
“Bien sûr !” répond l’enfant.
Voila ! Une amitié naissante s’ensuit. C’est exactement ainsi que mon fils et beaucoup d’autres enfants hors école se font des amis.

Lorsque nous faisions nos courses en grande surface alors que nos filles étaient encore hautes comme 3 pommes à genou, elles avaient l’habitude de se diriger vers des enfants de leurs âges pour avoir des « topines ». Pourtant parfois les autres enfants scolarisés avaient un mouvement de recul pas très encourageant pour la socialisation ! Peut-être avaient-ils trop vu d’enfants dans leur journée d’école ? Trop de socialisation forcée tuerait-elle la sociabilité ?
Notre fille de 6 ans a réussi à se faire des centaines d’amis dans un club-junior de camping dans lequel nous l’inscrivions 1 à 2 heures par jour. Ce qui est fabuleux, c’est qu’aucun des enfants ne parlaient français ! Nous avions réservé nos vacances dans le seul camping qui se trouvait près de notre famille et qui était tenu par des Hollandais !

Benjamin, au parc, repère un garçon de son âge ; il va vers lui en se présentant : « Bonjour, je m’appelle Benjamin, j’ai 7 ans. Et toi ? » La semaine dernière, il a fait connaissance avec des touristes anglais. Même si leur amitié n’a duré que quelques heures, c’est une chance incroyable que d’avoir eu la liberté de les rencontrer.

Notre autre garçon lie facilement connaissance avec les invités que nous recevons dans notre chambre d’hôtes. Il engage la conservation avec eux et bien longtemps après leur venue et capable de les replacer et de se remémorer les moments privilégiés qu’il a passé avec eux autour de la table familiale.
Les enfants scolarisés à la maison participent activement à la vie. Ils ne sont pas mis à l’écart par un horaire ou un bâtiment. Ils peuvent apprendre et jouer partout où ils vont, et c’est pendant ces périodes qu’ils peuvent rencontrer toutes sortes de gens.

 

L’IEF est un atout pour la socialisation

Mon fils a des amis adultes, des amis de son âge, et des amis plus jeunes que lui. En bref…Il a des Amis !

Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas parfois timide. Parfois, il est plus réservé, et c’est normal. Nous avons tous des moments comme ça. Certains plus que d’autres. Mon fils aîné, même scolarisé ne fréquentait qu’un seul ami ; alors que mon deuxième garçon est invité à toutes les fêtes depuis sa plus tendre enfance !
Quand on est instruit en famille, on choisit plus facilement ses amis. Ils ne sont pas imposés par un groupe/classe, mais peuvent être choisis parmi toutes les connaissances et fréquentations de la famille ou parmi les personnes croisées dans leurs activités.

 

Âge et socialisation

Quand j’étais à l’école et que j’étais surprise à chuchoter à mon meilleur ami derrière moi, les enseignants disaient toujours avec désapprobation : « Nous ne sommes pas là pour socialiser. »
Donc, quand j’entends l’argument sur la prétendue non sociabilisation des IEF, je me sens vraiment confuse. Nous n’avons pas été encouragés à socialiser à l’école.
Plus tard, en tant que bénévole dans les écoles primaires ou maternelles, j’ai siégé à un comité chargé de minimiser le temps que les enfants devaient passer en pause (outre les récréations). Il leur fut attribué trois minutes pour utiliser les toilettes, prendre un verre d’eau, ou se rendre à la classe suivante.

Les écoles ne veulent pas que les enfants socialisent (et apparemment ils ne veulent pas qu’ils utilisent les toilettes non plus).
Beaucoup de gens pensent que les enfants ont besoin d’être avec d’autres enfants de leur âge pour développer des compétences sociales, mais pourquoi exactement ? Quel avantage y a-t-il à toujours se trouver avec des enfants exactement du même âge, plutôt qu’à échanger avec des gens d’âges différents ?

Comment est-il devenu normal pour trente enfants d’être dans une pièce avec des gens de leur âge, sauf un ou deux adultes dans la salle, qui se trouvent être ceux qui ont tous les pouvoirs ? En tant qu’adulte, je peux honnêtement dire que je n’ai jamais vécu une telle situation dans le monde réel en dehors de l’école publique. Même à l’université, mes classes étaient d’âges et d’intérêts mixtes. L’avantage ? Nous avons eu l’apport de tant de belles et intéressantes perspectives pour les sujets dont nous avons discuté.
Une division fondée sur l’âge des enfants n’encourage pas les compétences sociales. Beaucoup d’enfants qui fréquentent l’école publique hésitent à parler aux adultes. La relation hiérarchique entre maître et élève ne facilite pas le lien de confiance entre l’adulte et les enfants.

L’IEF, ce n’est pas la maison

Je ne sais pas pour vous, mais nous ne sommes pas tout le temps à la maison.
Il n’existe pas de règle selon laquelle une fois que vous êtes en IEF, vous devez fermer toutes vos portes et perdre tout contact avec le monde extérieur. Dans notre famille, le monde est notre salle de classe. Nous pouvons tout aussi souvent aller dans une aire de jeux, ou dans les bois, ou dans un musée. Pour nous, l’apprentissage ne se limite pas à quatre murs. Nous ne voulions pas que notre fils pense que seule l’école peut délivrer un savoir. Il est possible d’apprendre sans école !

L’IEF ouvre sur le monde, éveille les esprits et amène la tolérance et la paix.

Laissez-nous un commentaire 🙂 !

5 Commentaires

  1. Marie Jaussaud

    Pas encore ne IEF, juste en école à la maison lié au confinement, nous vivons ce temps sans école comme un passage test pour nous lancer dans l’IEF.
    La sociabilité que vous décrivez chez votre fils de 7ans ressemble tellement à celle de mon 7 ans, en “milieu naturel”!
    Cette simplicité, il la perd dans la cour de récré…
    Après plusieurs semaines de confinement et sans retour à l’école, mon fils s’est détendu dans les relations et a progressé dans ses compétences sociales, nous le constatons lorsque nous sommes en contact avec les enfants du voisinage.

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    • Axelle Rousse

      C’est peut-être l’occasion de sauter le pas ? Cet essai forcé d’IEF est plutôt rassurant ! Tenez-nous au courant !

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  2. Anna

    Ancienne enfant scolarisée, je vous rejoins lorsque vous dites qu’il est très facile pour un enfant de se lier d’amitié hors du cadre de l’école. Je me faisais des amis au parc, à la plage, dans la rue….En revanche mon expérience a été que cela devient beaucoup plus ardu lorsque l’enfance s’achève et l’adolescence pointe son nez. Même dans les activités extra-scolaires, pas évident de se rapprocher de personnes qu’on ne voit que une ou deux fois par semaine. La régularité des rencontres et les expériences communes sont un terrain propice à l’ amitié. Un bon compromis selon moi serait l’ief jusqu’à 13 ou 14 ans, puis le temps des copains et de l’indépendance loin de Papa et Maman 🙂

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    • Axelle Rousse

      Cela dépend peut-être aussi des tempéraments des adolescents en question. Nous en avons des casaniers (mais pas asociaux 😉 ! ) qui se contentent de quelques heures hebdomadaires en vis à vis avec leurs pairs.

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  3. Orpheus

    Mon fils aura bientôt 8 ans et n’a jamais été à l’ecole. Nous vivons en Angleterre mais venons de passer un an en Amérique du Sud à voyager et notre garçon allait vers les enfants jouant sur les plages sans aucun problème. Il est fils unique mais comme votre reportage le dit il se fait des amis avec des personnes de n’importe quel âge. Il parle 3 langues, fait de la musique , aime danser, à les cheveux long et aime la vie sans se soucier de l’opinion d’autrui. Il est fondamentalement gentil et sans malice et il n’y a pas plus social que lui. On pensait faire de l’ief juste pour la maternelle maintenant il est très clair pour nous que ce sera du long/très long terme. Ça fait 4 ans déjà et nous ne regrettons pas un moment de notre décision.

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