La peur du jugement

par | 21 décembre 2019 | Instruction en Famille, Témoignages | 0 commentaires

La décision d’instruire ses enfants ne se prend pas à la légère. Nous assumons non seulement les devoirs parentaux, mais aussi la responsabilité de leur instruction. Personne n’instruit ses enfants par simple caprice. La plupart d’entre nous évalue les avantages, les inconvénients afin de prendre la meilleure décision.

 

Des doutes subsistent

Malgré tout, même une fois la décision prise, les doutes peuvent subsister. La peur du jugement des autres est une de ces craintes :

  • Votre famille n’est pas favorable à l’IEF.
  • Vos amis vous croient fou/folle (d’aliéner les chances de votre enfant d’entrer dans des écoles prestigieuses car il n’aura pas de dossier scolaire, ou de ne pas croire en l’école de la République qui sert d’ascenseur social, ou de tellement sortir des sentiers battus -et rebattus par des milliers de pieds – qu’ils se sentent désormais mal à l’aise en votre présence…)
  • Vous avez partagé avec enthousiasme votre décision sur les médias sociaux, ce qui a déclenché des réactions négatives.

Rien de tout cela ne s’est encore produit, mais vous êtes paralysé par l’inquiétude que cela pourrait se produire. Quelle qu’en soit la raison, cet article vous donne les moyens d’assumer vos choix en toute confiance et zénitude.

 

Soyez confiant dans votre choix

Il y a une raison pour laquelle vous avez opté pour l’IEF. Peut-être que c’est la qualité de l’éducation que votre enfant reçoit, ou peut-être qu’il a des besoins spéciaux ; il s’agit peut-être d’un choix de vie ou pour éviter le harcèlement… Parce que l’IEF est un engagement, prenez le temps de réfléchir profondément à vos raisons, éventuellement, écrivez-les. Ce sera le point de départ qui vous permettra de répondre aux « attaques » plus ou moins assumées de vos connaissances, vos amis, votre famille. En élaborant, à l’avance, un petit speech bien rôdé, on désamorce très facilement les réactions négatives : lorsque la personne en face de vous ressent la confiance et la certitude dans vos propos, elle est beaucoup moins encline à sortir des critiques sur un choix de vie que finalement, elle ne connait pas (mais comme il s’agit d’une « anormalité », elle ne peut s’empêcher de la critiquer).

 

Réalisez que les gens peuvent projeter leurs craintes sur vous

Quand des personnes vous disent : “Oh, je ne pourrais jamais faire ça!” “Comment allez-vous enseigner la chimie ?!” “Vous n’êtes pas inquiets pour la socialisation ?!” ou tout autre objection, soyez assurés que ces déclarations ne sont généralement pas à prendre pour vous. Souvent, ces questions en disent plus sur elles-mêmes que sur vos choix. Elles se rendent compte de leurs propres lacunes et impuissance à instruire leurs enfants et projettent ainsi leurs craintes sur vous. Lorsque vous êtes confronté à ce genre de situation, n’en prenez pas ombrage. Finalement, rassurez-les en les remerciant d’être inquiets pour vous et votre famille, mais que vous-même ne l’êtes pas !

 

Entourez-vous de personnes aux vues similaires

Créez votre tribu IEF ! Trouvez des amis à qui vous pouvez parler et qui vous donneront un coup de pouce quand vous en aurez besoin. Joignez-vous à un groupe Facebook de mamans IEF où vous pourrez évacuer si nécessaire. Savoir que vous n’êtes pas seul dans votre situation vous aide à vous sentir en confiance et à ignorer les jugements négatifs. Rapprochez-vous des associations d’IEF, participez à des rencontres locales ou nationales… Votre confiance ira crescendo et sans tremolos ! Chaque fois que nous faisons un choix hors norme, il y a forcément des craintes de gens qui remettent en question ce que nous faisons.

 

 

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Témoignage d'Isableue

Il y a quelques années, nous sommes partis au Canada. Un membre de la famille s’est effrayé de tant d’inconscience de notre part, alors que nous étions parents de 3 enfants de 3 à 8 ans. 5 ans plus tard, nous repartions du Canada, le même s’est affolé en nous recommandant chaudement de rester là-bas, la France ayant bien changé depuis notre départ. Puis il s’est ensuite inquiété de savoir nos enfants instruits en famille ; selon lui (qui, précisons-le, n’a jamais obtenu le bac, tout en étant scolarisé), nous obérions toutes les chances de nos enfants de poursuivre de grandes études… L’aîné a obtenu un Master, le second est en Licence 3, le troisième entame une formation de chef de projet digital, et tous ont eu le bac 😉 !

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Témoignage d'Axelle

Lorsque nous nous sommes lancés dans l’IEF, ma belle-famille, se posait beaucoup de questions sur l’avenir de « nos pauvres enfants ! ». Tous étaient très inquiets quant à la sociabilisation, les études supérieures et les diplômes. Mais très vite, en prenant du recul, en les observants et les comparant (bof !) aux autres petits enfants scolarisés, papy et mamy se sont rendu compte que nos jeunes n’étaient pas si malheureux que ça. Mieux, ils reconnurent qu’ils étaient bien plus curieux, calmes et épanouis et parfois même plus sociables que certains de leurs autres petits-enfants qui couraient toute la journée de la nounou à la crèche en passant par l’école et la cantine. A partir de cette prise de conscience, les regards devinrent bien plus bienveillants. Nos « homeschoolés » se sont même vu offrir des livres et supports (choisis par nous !) pour les accompagner dans leurs apprentissages. Malheureusement, aujourd’hui ces grands-parents ne sont plus là pour voir le « travail accompli », mais je suis satisfaite que, de leur avoir laissé le temps de nous observer sans faire de prosélytisme, leur ai permis de changer d’avis.

La fable : Le père, l’enfant et l’âne.

Un enfant demande à son père :

– Dis papa, quel est le secret pour être heureux ?

Alors le père demande à son fils de le suivre ; ils sortent de la maison, le père sur leur vieil âne et le fils suivant à pied. Et les gens du village de dire :

– Mais quel mauvais père qui oblige ainsi son fils d’aller à pied !

– Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison, dit le père.

Le lendemain ils sortent de nouveau, le père ayant installé son fils sur l’âne et lui marchant à côté. Les gens du village dirent alors :

– Quel fils indigne, qui ne respecte pas son vieux père et le laisse aller à pied !

– Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison.

Le jour suivant ils s’installent tous les deux sur l’âne avant de quitter la maison. Les villageois commentèrent en disant :

– Ils ne respectent pas leur bête à la surcharger ainsi !

– Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison.

Le jour suivant, ils partirent en portant eux-mêmes leurs affaires, l’âne trottinant derrière eux. Cette fois les gens du village y trouvèrent encore à redire :

– Voilà qu’ils portent eux-mêmes leurs bagages maintenant ! C’est le monde à l’envers !

– Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison.

Arrivés à la maison, le père dit à son fils : –

Tu me demandais l’autre jour le secret du bonheur. Peu importe ce que tu fais, il y aura toujours quelqu’un pour y trouver à redire.   Fais ce que tu aimes et tu seras heureux !

(Texte extrait de ce site : http://unpeudetao.unblog.fr/le-pere-lenfant-et-lane/)

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